Voie ensoleillée

La Bhagavad Gita, les Yoga-sutra et les Evangiles constituent la base de l'enseignement de la voie ensoleillée transmise aujourd'hui par Patrick/Priyananda
 
 
La "Voie ensoleillée" est basée, entre autre, sur  l'expérience de l'accompagnement  spirituel et de l'initiation. 
 
Bien sur il y a des techniques et une éthique , mais la particularité de cette voie est l'accompagnement spirituel. Beaucoup cherchent un éveil en accumulant du savoir et des expériences à droite et à gauche. Mais au bout de plusieurs années, une lassitude se manifeste. On peut tourner en rond pendant des dizaines d'années sans voir où se trouve le passage pour continuer de grimper vers le sommet. L'Eveil spirituel n'est pas une expérience qui survient et transforme radicalement la conscience, mais un processus qui se déroule tout au long de la vie, et qui est beaucoup plus complexe qu'on ne pourrait l'imaginer. L'éveil n'est pas un aboutissement, mais le prolongement d'une sadhana qui devient de plus en plus subtile...
 
"L'accompagnement spirituel est une nécessité pour qui aspire à l'éveil." (Maa)
 
« Râmakrishna n'ignorait pas qu'il y a une voie ensoleillée du yoga. Il semble même avoir dit que c'est le chemin le plus rapide et aussi le meilleur. » (Sri Aurobindo)
 
 
 
Qu'est ce que la voie ensoleillée ?
 
C'est un processus de reconnaissance et de reliance; une cheminement de confiance, d’humilité où l'on est accompagné. La grâce est bien cet accompagnement par un guide, dans une intention de transparence, dans un désir de vérité.
Cette force de vérité  va permettre de lâcher toute prétention, tout masque, toute crainte.... toute volonté de contrôler, tout désir de paraitre.
On apprend à devenir transparent au divin en apprenant à devenir transparent à un ainé spirituel. Il ne s'agit pas de psychothérapie, c'est tout autre chose.
Certains grands maîtres  ont enseigné "la voie ensoleillée" pour la distinguer de "la voie directe", réservée aux    méthodes ascétiques et solitaires basées sur l'attention et la méditation, qui sont emplies d'illusions.
Contrairement aux autres approches, la "voie ensoleillée" n'essaie pas de transformer quoi que soit ! 
Elle  fournit plutot un soutient qui tel un soleil permet d'y voir clair, et ainsi de ne pas perdre de temps sur le chemin.
 
*
 
Connaitre ce chemin est une "chance", 
s'y engager est une merveille.
Y être accompagné est une grâce, 
pour que le but soit atteint.
 
 
 
 
Extraits de conférences
 
" La vie est un champ d'expériences, avec ses joies et ses peines. La souffrance fait partie de la vie! Peut-on l'éviter, peut-on en guérir?
Oui, il existe des solutions, non pas des techniques magiques, mais des chemins, des voies qui permettent de sortir des espaces de souffranceLa voie ensoleillée est aussi appellée la petite voie. Car il s'agit d'une voie simple, une voie pour les humbles qui n'ont plus la croyance que leur propre habileté leur permettra de réaliser la Sagesse ou la sainteté ou l'Eveil. C'est le processus que j'ai vécu 
 auprès de Maa, et simultanément avec la fraternité franciscaine. Cette voie exige confiance et Abandon. L'ego lache ses prétentions, et accepte de se soumettre, dans la foi, au Divin.
C'est la voie de celles et ceux qui se reconnaissent enfants de Dieu. La petite voie ensoleillée est appelée également voie d’enfance spirituelle, est un chemin, une manière de vivre notre communion avec Dieu. Elle est concerné par le cœur. C'est la Voie de Ramdas et de Thérèse de Lisieux.
La première étape est constituée par la perception d’un écart infini entre notre aspiration spirituelle, et le Divin plus vaste que l'univers. Cette perception de nos limites humaines rend humble...
*
 
" Advaita, non-dualité, est une approche du Divin qui consière que tout est UN. Fondamentalement il n'y a pas de séparation entre le Divin Absolu et le plan terrestre. En Inde il existe 4 voies distinctes qui représentent le courant de l''Advaita.
La non-dualité "stricte", Kevaladvaita inspirant le neo-advaita, considère le jeu de la matière (et de la vie humaine) comme illusoire ou irréel. 
Le Vishishadvaita ou Non-dualité relative, reconnait le plan de la matière comme réel. Réel mais éphémère. l'incarnation est le lieu où l'Eveil nous est possible. 
Le Shuddhadvaita ou Non-dualité pure, considère que tout est divin, tout est Brahman, rien n'est illusoire.
Cette réalité mérite toute notre attention...
Le Neo-advaita crée la Non-implication et la Non-responsabilité.  Il ne fournit aucune aide pratique pour se confronter aux défis de la vie, si ce n'est que de s'en échapper mentalement.
le Shuddhadvaita est une voie intégrale qui est ancrée dans l'Absolu, mais considère le multiple (la vie) avec dévotion puisqu'étant expression de l'Absolu. Tout ce qui est, manifeste l'Absolu en differentes formes. C'est au coeur de l'Immanence que se joue la transcendance...
Ainsi la vie humaine est considérée comme un jeu (Lila) ou une danse de la dualité; une danse évolutive.
le Vishishadvaita est une voie intégrale de libération qui aide les gens à reconnaître la présence non duelle au coeur de la vie humaine dans toutes ces expressions.
Cette voie spirituelle spirituelle inclue la vie quotidienne et la relation, car c'est là où se joue une partie de l'éveil de la conscience. Le miroir de la relation est essentiel à la connaissance de soi et du Soi."
 
 
" De nos jours la non-dualité est surtout connue en Occident par l’influence de Ramana maharshi, qui est associé à la Non-dualité de Shankara, l’Advaita vedanta. 
Or il existe en Inde, et ailleurs, de nombreux maitres qui exposent une perspective non-duelle avec un regard légèrement diffèrent de celui de Shankara. C’est entre autres celui de l’Atma yoga.
Cette voie n‘est pas originale, mais elle est un peu oubliée de nos jours en Occident. Pourtant cette voie est très connue en Inde mais aussi dans le christianisme oriental.
En Inde, déjà Ramanuja au XIII ème , tout comme Vallabha au XVI ème ,  et Ramdas au XX ème, présentent une voie non-duelle plus universelle ou plus « englobante » que ne le faisait Shankara... Puisqu'elle incluait le temporel, la relation, le Coeur.
 
L’Advaita ( Non-dualité ou monisme) commence à devenir connu en Occident par un courant appelé neo-advaita. Ce mouvement de pensée apporte un regard nouveau sur la voie spirituelle, mais se borne trop à une simple déstructuration des croyances. Il dénature toute la richesse et la puissance de l’Advaita traditionnel qui est considéré comme l’aboutissement de la philosophie indienne dont l’origine se trouve dans le Rig-Veda : « la vérité est une bien que les sages la voient sous de multiples formes ». 
Ce petit livre rassemble des courts passages, issus d’entretiens sur l’Atma yoga : la voie de l’âme, qui vient de l'école du Vishistadvaita, la non-dualité qualifiée, que transmirent aussi Sri Ramakrishna, Swami Vivekananda, Ma Anandamayi.
Une Non-dualité ne niant pas le Relatif, le moi, la personne et donc la Relation."
 
***
La voie directe est extrêmement ardue, la voie progressive peut être longue. La voie évolutive est la voie médiane.
 
" Qu’est-ce que la voie évolutive ?
 
Une voie désigne un trajet ou un parcours suivi pour se rendre d’un point à un autre.  La voie évolutive est aussi appelée petite voie ensoleillée. Elle se parcourt avec l'aide d'un accompagnateur qui éclaire et instruit. Dans un sens plus large, elle désigne les étapes de réalisation du projet qu’on a élaboré ou le plan de vie qu’on s’est tracé.  En spiritualité, elle évoque le processus évolutif de la Vie.  Car la vie est évolution. Et une voie spirituelle et un processus d'accélération de l'évolution.  On ne s’y engage pas pour ce qu’on peut y recevoir, mais pour ce qu’on peut découvrir de soi-même. Il est impossible d'accéder à l'éveil par la simple volonté, ni l'habileté intellectuelle. Cette voie implique toutes les facultés de l'être: le sens de la responsabilité, la force de l'aspiration, le pouvoir du choix, la pratique assidue, le relâchement des noeuds du coeur... avec l'exigence intellectuelle la plus rigoureuse.
 
 La voie évolutive implique la Sadhana: la pratique, l'enseignement, l'éthique: et la Grâce.
 
L'éveil est un le fruit d'un processus que bien peu de personnes connaissent et encore moins comprennent. Même parmi les éveillés! Pourquoi donc? Parce qu'ils ont oublié le processus qui s'est déroulé. L'éveil correspond à un phénomène naturel qui peut être appelé une maturité de la conscience. C'est tout autre chose que la maturité psychologique. L'éveil est le passage du temps à l'éternité. Et ce passage est une sortie de la dimension temps. Il semble donc se produire de façon subite et sans cause. Un peu comme un fruit arrivé à maturité tombe de l'arbre soudainement.  Mais il y a eu tout un processus de maturation qui peut être observé et analysé. 
 
 On ne peut s'approprier d'aucune façon cette mutation de la conscience. Mais on peut favoriser la maturation. Tel est le sens de la sadhana. Accomplissez cela et la Grâce vous conduira à réaliser le Soi, le paratman, le St Esprit. Car c'est le sens de l'évolution. "
 
.
 
" L’Atma est immatériel et éternel.  Il revêt des voiles ou "corps" (kosha) plus ou moins denses.
De l’Absolu (Brahman) tel un soleil, jaillit un rayon (Atma). Ce rayon lumineux subit un processus d’épaississement en descendant dans la matière.
Du feu de la béatitude divine émerge une étincelle de joie parfaite (ananda) qui est notre être profond. Il se recouvre d’un voile de lumière créant une forme d’individualité (ahamkara), puis vient se former le voile mental, qui modèle le corps astral, ou vital, fait de force de désirs et de sentiments. Puis se rajoute le corps d’énergie (prana) aussi appelé corps éthérique, et enfin le corps physique biologique, dit de nourriture (anna).
Les koshas (corps ou couches) : mental - astral - énergie - matière dense constituent  l’ego individuel.
Les Rishis disent : « Vous êtes de Dieu, vous êtes en Dieu et Dieu est en vous. » 
L’existence dans la matière est soumise à la dualité. Elle comporte une souffrance ou insatisfaction. 
Mais en  retrouvant notre origine, une grande joie d’éternité peut s’éveiller. 
Et cette origine est l’espace de conscience qui existe avant le mental. 
Là se trouve l’accomplissement de notre raison d’être. De là se manifeste la vie divine. Nous devons trouver ou plutôt retrouver l’espace de conscience d’où le mental, l'intellect et l’ego ont émergé. Tel est le processus de l’évolution.
Pour retrouver cette origine, il faut que le mental soit très calme. 
Tant qu’il n’est pas calme, la conscience est comme accaparée et enfermée sur les activités de l’ego.
Ainsi l’Atma est la conscience lumineuse d’être qui existe avant le mental.  
Vous pouvez décrire ce que vous voyez ; vous pouvez parler de ce que vous entendez. Mais que pouvez-vous dire au sujet de ce qui ne peut pas être vu ou entendu ?  L’Atma transcende toute perception sensorielle et mentale.
Vous pouvez énoncer ce que ce n'est pas : le corps n'est pas l’Atma ; le mental n'est pas l’Atma ; l'intellect n'est pas l’Atma.   
L’Atma est la beauté, c’est l’Etre, c’est la conscience, la lumière, le Soi. " 
 
 
"Nous vivons dans l'illusion en ne voyant que les forces matérielles et la volonté humaine comme moteur de la vie, ,jusqu'à ce que nous comprenions que notre être est doté d'un autre pouvoir.
Un pouvoir spirituel qui dissipe l'illusion, révèle une autre réalité et permet une guérison intérieure radicale. En se référant à quelques grandes  perceptions spirituelles comme celles du Christ, mais aussi du Bouddha, de Ramdas, de C.G.Jung ou de Krishnamurti, la voie transpersonnelle infinie nous interpelle. Elle nous ouvre à la métaconscience.
N'est-ce pas en nous qu'il faut chercher la lumière et l'énergie qui nous libéreront, des angoisses et des effets pervers d'une existence par trop matérialiste, enfermée sur elle-même.
Ne pourrait-on pas envisager, puis essayer une autre façon d'être? Cela exigerait assurément une ouverture au nouveau.
A travers l'histoire des individus ont témoigné de cette possibilité. Aujourd'hui encore,  des personnes nous en parlent.
Leurs messages se rejoignent sur ce constat: au plus profond de notre coeur, se trouve une lumière."
 
*
 
" Une psychologie qui oublie le corps et la spiritualité sera toujours bancale.
Une bonne connaissance de soi, et pas uniquement du psychisme, s'avère necessaire.
La psychologie transpersonnelle est une école qui inclut les démarches qui la précèdent en y ajoutant la dimension spirituelle. La psychologie transpersonnelle est une école qui se veut universelle, et globale.
 
L'une des grandes contributions de la psychologie a été de nous aider tous à comprendre comment nous revivons le film de nos blessures et de nos affections avec d'autres personnes que celles qui nous ont blessés ou marqués à l'origine. Ce phénomène est aussi appelé "projection" ou "transfert". Essentiellement, nous rejouons sans arrêt ce qui a été dit ou fait et ce qui n'a pas été dit ni fait jusqu'à ce que nous ayons résolu la situation. On parle alors de guérison, de renoncement, de lâcher prise, voire de pardon."
 
Aucune croyance, aucun savoir,
nul médium, ni prêtre, ni gourou ou guérisseur
nulle connaissance philosophique ou ésotérique
nulle technique énergétique ou psychique, nul rituel
ne peuvent conduire l'homme à la plénitude de la vie.
Il lui faut la trouver
dans le silence de son être
dans la fraicheur de l'émerveillement.
et dans le miroir de la relation.
Par l'attention au mouvements de son propre esprit.
Ni l'analyse intellectuelle, ni l'obéissance à une révélation
ne peuvent libérer l'homme de ses conditionnements !
L'attention, à soi-même, dans sa vie quotidienne, et à tout ce qui s'y déroule,
sans jugement ni commentaire
est la clé de la Liberté.
SEUL CE QUI EST LIBRE CONNAIT LE BONHEUR
 
*
Le bonheur est le but essentiel de tout être humain.
On ne peut guère l'atteindre qu'en étant " soi-même ",
c'est-à-dire en suivant ses dispositions naturelles
pour découvrir un trésor enfoui sous des conditionnements.
Ce trésor, c'est notre être réel.
Nous le pressentons lors des brefs moments de joie, d'amour ou de paix.
D'où une démarche quotidienne
qui consiste à observer et déceler ce qui n'est pas soi-même : le " faux moi ".
Et le défi d'être soi-même
et le bonheur de se retrouver dans sa vérité simple, nue, réconciliée,
est l'appel de notre coeur.
 
*
Inévitablement, le cœur qui refuse,
qui lutte, et qui cherche sa vérité,
nous coupe de la réalité
et nous replonge ainsi dans le sens de l'ego
dans la séparation et la dualité.
L'éveil ne peut être autre chose qu'un retour du cœur à sa condition normale,
c'est-à-dire l'adhésion.
Si le cœur n'adhère pas,
aucune réalité relative ne peut être connue.
Seul cet assentiment du cœur permet d'accéder
à une connaissance juste de la réalité.
Il n'y a rien à gagner qui ne soit déjà là.
Le Royaume des Cieux est en effet présent au-dedans de nous,
nous sommes le Soi,  
il ne s'agit pas d'acquérir quoique ce soit qui nous manque,
mais plutôt d'enlever ce qui est en trop.
 
*
Traditionnellement il est reconnu cinq étapes d'éveil
 l'expérience, découverte de l'observateur
la transcendance, joie fulgurante du Soi
l'immanence, intégration au quotidien
la réalisation, le grand éveil et le non-retour
la libération
 
*
 
 
 
***
 
Narada bhakti sutra
 
L'Amour divin se déploie par la bhakti (dévotion), mais pour s'accomplir en vérité cet amour doit incorporer la conaissance, la gnose (Jnana)
L’amour de Dieu est la plus haute vérité
 
LES BHAKTI-SUTRAS SELON NARADA (traduction de Swami Prabhavananda - édition du Centre Védantique Ramakrishna)
.
L’AMOUR SUPREME DEFINI : Maintenant, par conséquent, nous enseignons la Bhakti, ou la Religion de l’Amour Divin. La Bhakti est un amour intense pour Dieu. En soi, cet Amour Divin  est une félicité immortelle. En l’obtenant, un homme devient parfait, immortel et à jamais satisfait. En l’obtenant, un homme ne désire rien d’autre ; il ne s’afflige plus, est libre de la haine ou de la jalousie ; il n’éprouve pas de plaisir dans les vanités de la vie et perd tout désir de gagner quelque chose pour lui-même. Le dévot peut devenir d’abord ivre de félicité. Ensuite, ayant réalisé Cela, il devient inerte et silencieux et ne trouve plus son plaisir qu’en l’Atman.
RENONCEMENT ET ABANDON : La Bhakti ne peut être utilisée pour satisfaire aucun désir, car elle est elle-même le frein de tous les désirs. Le renoncement veut dire la consécration à Dieu de toutes ses activités, qu’elles soient profanes ou sacrées. Le renoncement d’un bhakta signifie que son âme toute entière va vers Dieu, il rejette tout ce qui milite contre l’amour de Dieu. Une dévotion totale veut dire renoncer à tout autre refuge et prendre refuge en Dieu. Rejeter tout ce qui milite contre l’amour de Dieu signifie l’accomplissement de telles activités profanes et sacrées qui sont favorables à la dévotion pour Dieu. Les Ecritures doivent être observées tant que la vie spirituelle de l’individu n’est pas fermement établie en Dieu. Sinon il y a  le péril de tomber. Il n’est pas nécessaire de suivre les coutumes et les pratiques sociales quand l’amour pour Dieu devient intense ; mais les actions telles que manger, boire, etc. ne doivent pas être abandonnées, car elles sont nécessaires pour maintenir le corps en vie.
.
MODELES D’AMOUR DIVIN : Les caractéristiques de l’Amour Divin ont été décrites par les sages de diverses manières en raison des différences de point de vue. Vyasa, le fils de Parasara, a défini la Bhakti comme dévotion aux actes de culte et aux choses semblables. Le sage Garga définit la Bhakti comme dévotion à l’audition et la louange du nom de Dieu. Le sage Shandilya définit ainsi la Bhakti : éviter toutes les pensées qui distraient l’attention et ne prendre son plaisir qu’en l’Atman. Narada donne ces signes comme étant ceux de la Bhakti : lorsque toutes les pensées, toutes les paroles et toutes les actions sont offertes au Seigneur et que le moindre oubli du Seigneur rend intensément malheureux, alors l’Amour a commencé. Des exemples existent de telles expressions parfaites de l’Amour. Comme les gopis de Braja l’avaient. Bien qu’adorant Krishna comme leur amant, les gopis n’oubliaient pas sa nature divine. Si elles n’avaient pas eu cette connaissance que Krishna était Dieu, leur amour aurait été semblable à la passion vile d’une maîtresse pour son amant. Dans la sensualité il n’y a que le désir de son propre plaisir ; son bonheur ne consiste pas à rendre heureux celui que l’on aime.
.  
LE BUT LE PLUS ELEVE DE LA VIE : La Bhakti est plus grande que Karma, plus grande que Jnana, plus grande que Râja-yoga. Car la Bhakti est la fin ultime et le but de la vie spirituelle. Toutes les autres voies mènent un homme à sa réalisation. La Bhakti est aussi la plus grande parce que Dieu déteste l’égoïsme et aime l’humilité. Certains sont d ‘avis que la Connaissance est le moyen d’atteindre la Bhakti. D’autres pensent que la Connaissance et la dévotion sont indépendantes l’une de l’autre. Narada dit que cette réalisation spirituelle est son propre fruit. Un homme ne peut plaire à un roi en ne faisant que savoir qui il est et en regardant son palais, ni satisfaire sa faim par la seule connaissance et la vue de la nourriture : de la même manière, un homme ne peut se satisfaire de la Connaissance ou de la perception de Dieu, si l’amour n’est pas venu. Par conséquent, ceux qui veulent transcender toutes limitations et toutes servitudes (naissance, mort, renaissance, toutes les paires d’opposés dans ce monde du relatif), doivent accepter l’Amour suprême comme le But le plus élevé.
Cet amour suprème se développera rapidement au contact d'un sage ou d'un saint.
 
 .  
 
COMMENT ATTEINDRE L’AMOUR SUPREME ?
Les grands instructeurs décrivent en hymnes et chants divers les moyens d’atteindre l’Amour suprême Pour atteindre l’Amour suprême, un homme doit renoncer à la jouissance des objets des sens aussi bien qu’à l’attachement pour eux. L’Amour suprême est atteint par l’adoration ininterrompue et constante de Dieu. En entendant dire et en chantant les gloires de Dieu, même lorsque l’on est engagé dans les activités courantes de la vie. Le principal moyen d’obtenir la Bhakti est la grâce d’une grande âme, d'un être éveillée. Il est difficile d’obtenir la grâce d’une grande âme, parce qu’il est difficile de reconnaître une telle âme. Mais si un homme se met à l'écoute d'une telle âme, il reçoit la grâce, l’effet est infaillible. C’est par la grâce de Dieu seul qu’un aspirant obtient la grâce d’une grande âme. Il n’y a aucune différence entre Dieu et ses dévots. Recherche par conséquent la grâce d’une grande âme.
 .
RECHERCHER LA SAINTE COMPAGNIE : Eviter la mauvaise compagnie par tous les moyens. La mauvaise compagnie doit être évitée, car elle mène à la sensualité, la colère, l’illusion, l’oubli du But et à la ruine finale. Ces passions peuvent n’être au début que de petites rides, mais la mauvaise compagnie les rend finalement semblables à l’océan. Qui peut vraiment triompher de maya ? Celui qui abandonne tout attachement, sert les grandes âmes et est libéré du sens du moi et du mien. Celui qui vit dans la solitude, coupe les liens qui l’attachent à ce monde, passe au-delà des trois gunas  et dépend du Seigneur même pour sa subsistance. Celui qui abandonne les fruits des actions, renonce à toutes les activités égoïstes et passe au-delà des paires d’opposés. Celui qui renonce même aux rites et aux cérémonies prescrits par les Ecritures et atteint un amour résolu pour Dieu. Un tel homme, en vérité, traverse cette maya et aide les autres à la traverser.
 
.
 
DEVOTION  PREPARATOIRE ET SUPREME : La nature véritable de cet amour suprême est indicible. C’est comme pour un muet qui essaie d’exprimer l’expérience qu’il a d’une saveur délicieuse. Bien qu’il soit indicible, il se manifeste néanmoins dans quelques grandes âmes qui l’ont atteint. Cet amour suprême est dépourvu d’attributs ; il est libre de tous désirs égoïstes ; il augmente en intensité à chaque instant ; c’est une expérience intérieure ininterrompue, plus subtile que le subtil. Quand un homme atteint cet amour suprême, il voit son Bien-Aimé partout ; il entend parler de Lui partout ; il ne parle que de Lui ; il ne pense qu’à Lui. La dévotion préparatoire est de trois sortes, selon la prédominance dans le mental des aspirants de l’une ou l’autre des trois gunas, sattva, rajas et tamas ; et aussi selon les motifs pour lesquels ils se consacrent à Dieu, qu’ils soient fatigués du monde, ou qu’ils recherchent la connaissance, ou qu’ils désirent obtenir la réalisation de certains désirs matériels. Parmi ces catégories de dévots, la première est considérée comme la plus élevée, ensuite vient celle qui est moins élevée, la moyenne, puis l’inférieure.
.
LES FORMES DE L’AMOUR DIVIN : La voie de la dévotion est la voie la plus facile pour atteindre Dieu. L’Amour est sa propre preuve et n’en demande pas d’autre. Sa nature est paix et félicité suprêmes. Le dévot ne s’afflige pas pour une perte personnelle, car il a renoncé à tout ce qu’il possède et même aux rites et aux cérémonies prescrites par les Ecritures. Même si le dévot s’est abandonné complètement au Seigneur, il ne doit pas renoncer à l’action dans le monde ; il doit continuer à l’accomplir en abandonnant au Seigneur les fruits de l’action. Les conversations sur la sensualité, l’avidité et l’athéisme ne doivent pas être écoutées. L’orgueil, la vanité et d’autres vices semblables doivent être rejetés. Consacrez toutes vos actions à Dieu et dirigez vers Dieu toutes vos passions telles que la sensualité, la colère, l’orgueil et ainsi de suite. Transcendant les trois formes d’amour, aimez le Seigneur et aimez-le comme son éternel serviteur, comme son éternelle fiancée. La catégorie la plus élevée des dévots comprend ceux qui ont un amour bien concentré pour Dieu et seulement pour l’amour de l’Amour. Quand les dévots parlent de Dieu, leur voix s’étrangle dans leur gorge, les larmes coulent de leurs yeux, leurs cheveux se dressent dans l’extase. De tels hommes purifient non seulement leurs familles, mais aussi la terre entière sur laquelle ils sont nés. Ces grandes âmes illuminées, les amants de Dieu, rendent saints les lieux de pèlerinage. Les actions qu’ils accomplissent deviennent des exemples de l’action juste. Ils donnent aux Ecritures leur autorité spirituelle. Chacun de ces dévots a été rempli par l’esprit de Dieu. Quand de tels amants de Dieu vivent sur la terre, leurs ancêtres exultent, les dieux dansent de joie, cette terre en est sanctifiée. Parmi eux, il n’y a pas de discrimination basées sur la caste, le savoir, la beauté, la naissance, la richesse, les possessions et ainsi de suite. Parce qu’ils sont siens.
 .
VERTUS MORALES ET ADORATION DE DIEU : Les discutions doivent être évitées. Parce qu’elles n’ont pas de fin et ne conduisent à aucun résultat satisfaisant. Pendant que vous étudiez les Ecritures dévotionnelles, méditez sur leurs enseignements et suivez-les, afin que cette dévotion pour Dieu puisse grandir dans votre cœur. Il appartient à un bhakta de ne pas gaspiller un seul instant ni de différer à faire l’adoration de Dieu, tant qu’il ne sera pas affranchi du plaisir et de la souffrance, des désirs et de la cupidité. Le bhakta doit cultiver la non-violence, la véracité, la pureté, la compassion, la foi et les autres vertus semblables. Seul le Seigneur doit être adoré jour et nuit dans et par tous les aspects de la vie sans aucune pensée qui distrait l’attention. Là où le Seigneur est ainsi adoré, il se révèle vite à la vision intérieure de ses dévots. Aimer la Vérité éternelle, c’est en vérité l’Amour le plus grand. Cet Amour Divin se manifeste sous onze formes différentes :
 
 
Un dévot aime chanter les louanges et les gloires du Seigneur béni.
Il aime sa beauté enchanteresse.
Il aime Lui offrir l’adoration de son cœur.
Il aime méditer continuellement sur sa présence.
Il aime penser à Lui comme son serviteur.
Il L’aime comme son ami.
Il L’aime comme son enfant.
Il L’aime comme son Bien-Aimé.
Il s’abandonne complètement à Lui.
Il aime s’absorber complètement en Lui.
Il aime éprouver l’angoisse de la séparation d’avec Lui.
.
Ces vérités sont déclarées à l’unanimité par les instructeurs de la Bhakti sans craindre la risée du monde. On reconnaît comme de grands instructeurs de la Bhakti : Kumara, Vyasa, Suka, Shandilya, Garga, Vishnu, Kaundinya, Sesha, Uddhava, Aruni, Bali, Hanuman, Bibhisana et bien d’autres. Quiconque croit à cette description de bon augure de l’Amour Divin fait par Narada et a foi en ces enseignements, devient un amant de Dieu, atteint la félicité la plus élevée et parvient au But suprême de la vie.
 
exttrait de "la fine fleur du yoga"
 
Bhakti signifie Amour et dévotion envers Dieu - Amour et dévotion pour Sa Création, avec respect et attention pour toutes les créatures vivantes et l’ensemble de la nature. Tout le monde peut pratiquer le Bhakti Yoga, que l’on soit jeune, vieux, riche ou pauvre, sans considération de la nationalité ou de la religion à laquelle on appartient. Le chemin du Bhakti Yoga nous conduit sûrement et directement vers le but.
 
Le Bhakti Yoga inclut aussi la vénération d’une forme divine. Dieu est partout. Dieu se trouve en nous et tout autour de nous. C’est comme si nous étions connectés à Dieu par un mince fil - le fil de l’amour. Dieu est Amour universel. L’Amour et la Grâce divine nous entourent et coulent en nous, mais nous n’en sommes pas conscients. Lorsque cette conscience s’élève, lorsque l’on ressent l’Amour divin, on ne désire plus jamais rien d’autre. On connaît alors le sens véritable de l’Amour pour Dieu.
 
Une personne sans Bhakti est comme un poisson sans eau, un oiseau sans ailes, une nuit sans lune ni étoiles. Tous les êtres ont besoin d’amour. Grâce à lui, nous nous sentons protégés et heureux comme un enfant dans les bras de sa mère ou comme un voyageur qui arrive au terme d’un voyage long et difficile.
 
Il y a deux formes de Bhakti:
 
Apara Bhakti - l’amour égoïste
 
Para Bhakti - l’amour universel
 
Un Bhakta accepte tout ce qui lui arrive comme un cadeau de Dieu. Il n’y a pas de désir ni d’attente, il y a simplement un abandon total à la volonté divine. Un tel Bhakta accepte chaque situation de la vie comme placée devant lui par la destinée. Il n’y a pas de ressentiment, sa seule prière est “que Ta volonté soit faite”.
 
Toutefois, avant d’atteindre ce niveau d’Amour suprême pour Dieu, notre Bhakti est mêlée à des pensées égoïstes. Cela signifie que nous aimons Dieu effectivement, mais aussi que nous attendons quelque chose de Lui. Beaucoup de personnes se tournent vers Dieu pour lui demander de l’aide lorsqu’elles ont des problèmes ou sont dans la souffrance. D’autres prient pour obtenir des choses matérielles, de l’argent, de la gloire, une promotion professionnelle. Nous devrions toujours être conscients que lorsque nous quitterons cette terre, nous laisserons toutes nos possessions derrière nous, c’est pourquoi rien ici-bas n’a vraiment de valeur réelle et éternelle. Ceux qui sont engagés dans une quête spirituelle prient pour obtenir la sagesse et la Réalisation Divine. Pourtant, nous créons souvent une image intérieure de Dieu -à quoi ressemble Dieu à notre avis, comment il est censé agir -et de ce fait, nous ne sommes pas ouverts et prêts à la révélation Divine.
 
Dans les Bhakti-Sutras, le Sage Narada décrit 9 points qui constituent le Bhakti Yoga:
 
Satsang - la compagnie spirituelle positive
 
Hari Katha - entendre et lire des propos sur Dieu
 
Shraddha - la Foi
 
Ishvara Bhajana - chanter les louanges de Dieu
 
Mantra Japa - la répétition du nom de Dieu
 
Shama Dama - le retrait et le contrôle des sens face aux choses de ce monde
 
Santo ka Adar - honorer les personnes qui ont dédié leur vie à Dieu
 
Santosha - le contentement
 
Ishvara Pranidhana - la dévotion envers Dieu
 
Il n’y a pas de chemin spirituel sans Bhakti. Si à l’école un élève n’aime pas une matière, il lui sera difficile d’aller au bout de ses études. De la même manière, c’est seulement lorsqu’il y a de l’Amour et de la dévotion dans notre pratique ainsi qu’un ferme engage-ment sur notre chemin et une attention constante envers notre but que nous sommes capables de surmonter tous les obstacles. Nous ne pouvons pas atteindre l’union avec Dieu sans Amour pour toutes les créatures vivantes et sans dévotion à l’égard de Dieu.
 
Nârâyana, ça signifie « aller toujours plus haut » ou « celui qui marche sur l’eau ».
 
 

La vie divine

La Vie divine est le projet que nous présente l'Atma yoga: vivre ici bas dans la matière, la pleine conscience divine. Cela est possible grace à la Transmission.
 
Si vous souhaitez comprendre  cette démarche, sachez que Shrî Aurobindo a beaucoup écrit sur la vie divine;  il reactualisa “l’ancien Védanta” (le Rig-Véda, les plus anciennes des Upanis et la Bhagavad-Gitâ).
 
C’est grâce à ses expériences spirituelles qu’il redécouvre “la lumière de l’antique et éternelle vérité raportée dans les Ecritures védântiques.
 
Shrî Aurobindo ne rejette aucun système religieux, philosophique, scientifique, spiritualiste ou matérialiste, ancien ou nouveau,oriental ou occidental. En chacun il reconnaît des descriptions authentiques, mais partielles et “complémentaires comme le sont tous les opposés” de la vérité vue sur différents plans de conscience et sous différents jours. “Toutes les vérités, même celles qui semblent être en conflit, ont leur validité mais il faut qu’elles soient conciliées en quelque Vérité plus vaste qui les intègre en soi; toutes les philosophies ont leur valeur… toutes les expériences sont vraies.”
 
Il ne nie pas , comme le font les bouddhistes et les advantistes, la réalité du monde dont nous avons l’expérience.
 
Il ne rejette pas l’explication matérialiste de la genèse de ce  monde, genèse dans laquelle la matière est apparue la première, pour être suivie ensuite par la vie puis par le mental.
 
Mais Shrî Aurobindo ne nie pas non plus, comme le font les matérialistes, la vision spiritualiste de la nature du monde et de sa genèse. Pour lui les deux théories peuvent être considérées “comme les éléments complémentaires formant une seule vérité.“
 
Pou Shrî Aurobindo, selon la conception traditionnelle hindoue, il y a ” à l’origine” non-temporelle du monde, l’Absolu non-différencié ( Nirguna Brahman) et sa Puissance de manifestation, Mâyâ, Shakti qui pour lui n’est que Son aspect dynamique. Comme la Bhagavad-Gitâ il admet au dessus de l’absolu et de sa manifestation une entité primordiale, le Purushottama à la fois un et multiple, actif et non-actif, à la fois être et Devenir.
 
Il n’envisage pas la création comme le font les chrétiens. Nous pouvons parler de création en ce sens seulement que l’Etre devient en forme et en mouvement, ce qu’il est déjà en substance et en état.
 
Le mobile de la création est la Félicité suprême, l’Ananda.
 
Le premier stade qui n’est qu’une projection de l’Un dans le multiple, en est le triple-en-un Existence-Conscience-Béatitude suprêmes : Sat-Chit, Ananda.
 
Dans le monde que nous connaissons on trouve aussi trois registres : le plan matériel, le plan vital et le plan mental qui s’interpénètrent en grande partie.
 
Le passage des trois plans supérieurs aux trois plans inférieurs ne peut toutefois s’effectuer sans un septième plan intermédiaire, le plan Supramental et  Il existe encore un plan intermédiaire entre le Supramental et les plans inférieurs c’est le plan du Surmental.
 
Ce Surmental est le domaine des dieux que connaissent les diverses religions et qui ne sont que des représentations limitées des noms des personnalités divines de l’unique Ishwara.
 
Le but de la création est la remontée de ces plans inférieurs vers les plans supérieurs.
 
A côté des ces divers plans nous avons aussi l’âme, “entité psychique subliminale”, flamme du Divin toujours allumée en nous. C’est cette âme qui, selon la tradition hindoue s’incarne dans des corps différents.
 
Pour compléter ce tableau déjà si complexe il faut encore ajouter ce que Shrî Aurobindo appelle d’un terme général : le “subliminal” dans lequel nous avons un mental intérieur, un vital intérieur, un être physique subtil plus vaste que notre être et notre nature extérieurs.
 
Ces divers plans ne sont pas isolés les uns des autres et chacun est imprégné de ceux qui le précèdent ou l’accompagnent. Chaque plan ne peut être considéré autrement que dans ses apports avec les autres.
 
Puisque l’homme est l’être le plus développé sur le plus haut des trois plans inférieurs, le plan mental, c’est lui qui semble le mieux qualifié pour manifester le Supramental.
 
Le Supramental devra en effet émerger du mental comme le mental a émergé de la vie et la vie de la matière. C’est le but du yoga de Shrî Aurobindo et si l’homme n’y parvient pas, il faudra qu’apparaisse dans notre monde un autre être qui dépassera l’homme comme l’homme a dépassé l’animal, l’animal la plante et la plante le minéral.
 
Il y a d’ailleurs des sages qui sont parvenus au delà même du Supramental. Shrî Aurobindo le disait par exemple de Ma Ananda Moyî.
 
Celui qui pratique le yoga de Shrî Aurobindo ne peut donc se contenter de rechercher la libération à l’indienne, cet “idéal médiocre d’une évasion hors du tourment de la souffrance de la naissance physique.” Il travaille moins pour lui-même que pour l’humanité, ou plus exactement, pour le Divin.
 
Dans ce yoga , le yogin ne doit d’ailleurs pas se réfugier dans la méditation, si authentiques que soient les états sublimes auxquels elle fait accéder. Elle est certes indispensable pour découvrir et libérer progressivement de ses apparences le véritable Moi, base statique de notre dynamique. Mais “l’homme ne devient parfait que lorsqu’il a trouvé en lui-même ce calme, cette passivité de Brahman et qu’il en soutient, avec la même tolérance divine et la même divine béatitude une libre et inépuisable activité.”
 
Cette allusion à l”entité psychique”nous ramène à l’équation classique hindoue Atman = Brahaman, le microcosme est un avec le macrocosme”. “Brahman, la Réalité, apparaît dans l’existence phénoménale comme le Moi de l’individu vivant.” Cette identité de base n’exclut évidemment pas la multiplicité.
 
Il y a donc en fait des rapports entre les individus, entre les individus et la Nature, entre l’individu et le Divin.
 
Si notre logique habituelle, cartésienne, bouddhique ou autre, convient pour l’étude du monde matériel, elle est déjà beaucoup moins appropriée à l’étude du monde mental et elle doit être considérablement prolongée, élargie et assouplie pour se mettre à l’échelle des problèmes métaphysiques qui relèvent essentiellement de perceptions spirituelles.
 
Shrî Aurobindo s’attache constamment à démontrer la complémentarité essentielle et indissoluble d’éléments ou de rapports que nous considérons comme contraires ou incompatibles. La tradition védantique, par exemple, admet des relations qui n’ont rien de linéaire : Agni, disent les Ecritures, est le fils des dieux et il en est aussi le père. Shrî Aurobindo a volontiers recours à une terminologie sanskrite donnant à chaque terme une signification à la fois plus vaste et plus précise et aussi beaucoup plus profonde que celle qu’y ont vue nos orientalistes.
 
De plus, l’utilisation que fait Shrî Aurobindo des termes de base : Brahman, Ishvara, Purusha et Prakriti, Mâyâ, Shakti, Atman, est à la fois souple et différenciée. Souple, car chaque terme est à la fois précis mais il insiste que chacun d’eux se fond dans un ou plusieurs autres. Différenciée, parce qu’il distingue entre le Brahman sans attributs (nirguna) et le Brahman avec attributs ( saguna)
 
Pour Shrî Aurobindo, la métaphysique, quelque importance qu’il y attache, a toutefois pour principal intérêt qu’elle fournit une base sûre à son yoga. Vue dans l’expérience vécue, elle indique à la fois les possibilités d’évolution de l’individu, de la race et de l’univers, le cheminement de cette évolution et les techniques à appliquer pour s’y associer.
 
Shrî Aurobindo attend de ses disciples connus et inconnus, présents et à venir, qu’ils apportent leur contribution à cette évolution c’est à dire la descente du Supramental dans notre monde. A cette fin il a entretenu avec ses disciples une correspondance volumineuse.
 
Le but est essentiellement de s’ouvrir à la Mère Divine pour qu’elle descende en nous et nous permette d’orienter et d’accélérer notre évolution. Mais aussi, combiner la vie active et la vie contemplative :” Le fait de rechercher et éventuellement d’atteindre une vision de soi et du monde différente de celle dans lLa vie divine
La Vie divine est le projet que nous présente l'Atma yoga: vivre ici bas dans la matière, la pleine conscience divine. Cela est possible grace à la Transmission.
 
Si vous souhaitez comprendre  cette démarche, sachez que Shrî Aurobindo a beaucoup écrit sur la vie divine;  il reactualisa “l’ancien Védanta” (le Rig-Véda, les plus anciennes des Upanis et la Bhagavad-Gitâ).
 
C’est grâce à ses expériences spirituelles qu’il redécouvre “la lumière de l’antique et éternelle vérité raportée dans les Ecritures védântiques.
 
Shrî Aurobindo ne rejette aucun système religieux, philosophique, scientifique, spiritualiste ou matérialiste, ancien ou nouveau,oriental ou occidental. En chacun il reconnaît des descriptions authentiques, mais partielles et “complémentaires comme le sont tous les opposés” de la vérité vue sur différents plans de conscience et sous différents jours. “Toutes les vérités, même celles qui semblent être en conflit, ont leur validité mais il faut qu’elles soient conciliées en quelque Vérité plus vaste qui les intègre en soi; toutes les philosophies ont leur valeur… toutes les expériences sont vraies.”
 
Il ne nie pas , comme le font les bouddhistes et les advantistes, la réalité du monde dont nous avons l’expérience.
 
Il ne rejette pas l’explication matérialiste de la genèse de ce  monde, genèse dans laquelle la matière est apparue la première, pour être suivie ensuite par la vie puis par le mental.
 
Mais Shrî Aurobindo ne nie pas non plus, comme le font les matérialistes, la vision spiritualiste de la nature du monde et de sa genèse. Pour lui les deux théories peuvent être considérées “comme les éléments complémentaires formant une seule vérité.“
 
Pou Shrî Aurobindo, selon la conception traditionnelle hindoue, il y a ” à l’origine” non-temporelle du monde, l’Absolu non-différencié ( Nirguna Brahman) et sa Puissance de manifestation, Mâyâ, Shakti qui pour lui n’est que Son aspect dynamique. Comme la Bhagavad-Gitâ il admet au dessus de l’absolu et de sa manifestation une entité primordiale, le Purushottama à la fois un et multiple, actif et non-actif, à la fois être et Devenir.
 
Il n’envisage pas la création comme le font les chrétiens. Nous pouvons parler de création en ce sens seulement que l’Etre devient en forme et en mouvement, ce qu’il est déjà en substance et en état.
 
Le mobile de la création est la Félicité suprême, l’Ananda.
 
Le premier stade qui n’est qu’une projection de l’Un dans le multiple, en est le triple-en-un Existence-Conscience-Béatitude suprêmes : Sat-Chit, Ananda.
 
Dans le monde que nous connaissons on trouve aussi trois registres : le plan matériel, le plan vital et le plan mental qui s’interpénètrent en grande partie.
 
Le passage des trois plans supérieurs aux trois plans inférieurs ne peut toutefois s’effectuer sans un septième plan intermédiaire, le plan Supramental et  Il existe encore un plan intermédiaire entre le Supramental et les plans inférieurs c’est le plan du Surmental.
 
Ce Surmental est le domaine des dieux que connaissent les diverses religions et qui ne sont que des représentations limitées des noms des personnalités divines de l’unique Ishwara.
 
Le but de la création est la remontée de ces plans inférieurs vers les plans supérieurs.
 
A côté des ces divers plans nous avons aussi l’âme, “entité psychique subliminale”, flamme du Divin toujours allumée en nous. C’est cette âme qui, selon la tradition hindoue s’incarne dans des corps différents.
 
Pour compléter ce tableau déjà si complexe il faut encore ajouter ce que Shrî Aurobindo appelle d’un terme général : le “subliminal” dans lequel nous avons un mental intérieur, un vital intérieur, un être physique subtil plus vaste que notre être et notre nature extérieurs.
 
Ces divers plans ne sont pas isolés les uns des autres et chacun est imprégné de ceux qui le précèdent ou l’accompagnent. Chaque plan ne peut être considéré autrement que dans ses apports avec les autres.
 
Puisque l’homme est l’être le plus développé sur le plus haut des trois plans inférieurs, le plan mental, c’est lui qui semble le mieux qualifié pour manifester le Supramental.
 
Le Supramental devra en effet émerger du mental comme le mental a émergé de la vie et la vie de la matière. C’est le but du yoga de Shrî Aurobindo et si l’homme n’y parvient pas, il faudra qu’apparaisse dans notre monde un autre être qui dépassera l’homme comme l’homme a dépassé l’animal, l’animal la plante et la plante le minéral.
 
Il y a d’ailleurs des sages qui sont parvenus au delà même du Supramental. Shrî Aurobindo le disait par exemple de Ma Ananda Moyî.
 
Celui qui pratique le yoga de Shrî Aurobindo ne peut donc se contenter de rechercher la libération à l’indienne, cet “idéal médiocre d’une évasion hors du tourment de la souffrance de la naissance physique.” Il travaille moins pour lui-même que pour l’humanité, ou plus exactement, pour le Divin.
 
Dans ce yoga , le yogin ne doit d’ailleurs pas se réfugier dans la méditation, si authentiques que soient les états sublimes auxquels elle fait accéder. Elle est certes indispensable pour découvrir et libérer progressivement de ses apparences le véritable Moi, base statique de notre dynamique. Mais “l’homme ne devient parfait que lorsqu’il a trouvé en lui-même ce calme, cette passivité de Brahman et qu’il en soutient, avec la même tolérance divine et la même divine béatitude une libre et inépuisable activité.”
 
Cette allusion à l”entité psychique”nous ramène à l’équation classique hindoue Atman = Brahaman, le microcosme est un avec le macrocosme”. “Brahman, la Réalité, apparaît dans l’existence phénoménale comme le Moi de l’individu vivant.” Cette identité de base n’exclut évidemment pas la multiplicité.
 
Il y a donc en fait des rapports entre les individus, entre les individus et la Nature, entre l’individu et le Divin.
 
Si notre logique habituelle, cartésienne, bouddhique ou autre, convient pour l’étude du monde matériel, elle est déjà beaucoup moins appropriée à l’étude du monde mental et elle doit être considérablement prolongée, élargie et assouplie pour se mettre à l’échelle des problèmes métaphysiques qui relèvent essentiellement de perceptions spirituelles.
 
Shrî Aurobindo s’attache constamment à démontrer la complémentarité essentielle et indissoluble d’éléments ou de rapports que nous considérons comme contraires ou incompatibles. La tradition védantique, par exemple, admet des relations qui n’ont rien de linéaire : Agni, disent les Ecritures, est le fils des dieux et il en est aussi le père. Shrî Aurobindo a volontiers recours à une terminologie sanskrite donnant à chaque terme une signification à la fois plus vaste et plus précise et aussi beaucoup plus profonde que celle qu’y ont vue nos orientalistes.
 
De plus, l’utilisation que fait Shrî Aurobindo des termes de base : Brahman, Ishvara, Purusha et Prakriti, Mâyâ, Shakti, Atman, est à la fois souple et différenciée. Souple, car chaque terme est à la fois précis mais il insiste que chacun d’eux se fond dans un ou plusieurs autres. Différenciée, parce qu’il distingue entre le Brahman sans attributs (nirguna) et le Brahman avec attributs ( saguna)
 
Pour Shrî Aurobindo, la métaphysique, quelque importance qu’il y attache, a toutefois pour principal intérêt qu’elle fournit une base sûre à son yoga. Vue dans l’expérience vécue, elle indique à la fois les possibilités d’évolution de l’individu, de la race et de l’univers, le cheminement de cette évolution et les techniques à appliquer pour s’y associer.
 
Shrî Aurobindo attend de ses disciples connus et inconnus, présents et à venir, qu’ils apportent leur contribution à cette évolution c’est à dire la descente du Supramental dans notre monde. A cette fin il a entretenu avec ses disciples une correspondance volumineuse.
 
Le but est essentiellement de s’ouvrir à la Mère Divine pour qu’elle descende en nous et nous permette d’orienter et d’accélérer notre évolution. Mais aussi, combiner la vie active et la vie contemplative :” Le fait de rechercher et éventuellement d’atteindre une vision de soi et du monde différente de celle dans laquelle nous agissons actuellement n’est une raison ni une excuse pour nous abstenir d’agir.” ( Jean Herbert)
 
 
 
 

 

 

 

*

 "Ressentir et découvrir... que tout est Un...
L'être, le Soi, la vie, tout est Un.
Ultimement et fondamentalement, tout est Un.
Alors que sur le plan relatif tout est différent, tout est duel.
Le Moi connait la dualité. 
Le Soi connait l'Unité."
 
(Patrick)